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jeudi 7 juin 2012

Discrimination à l'embauche dans la région de Montréal

Aux membres de la TCRI
La réponse du MICC à notre communiqué sur la discrimination en emploi !
Québec
Discrimination à l'embauche dans la région de Montréal - 
La ministre Kathleen Weil réitère que la diversité est une richesse pour le Québec et ses entreprises 

MONTRÉAL, le 5 juin 2012 /CNW Telbec/ 

Dans la foulée de la publication de la récente étude sur la discrimination à l'embauche dans la région de Montréal, menée par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Mme Kathleen Weil, tient à rappeler l'importance qu'accorde le gouvernement à la diversité en milieu de travail. 

Le gouvernement du Québec reconnaît que l'immigration est un des leviers du développement économique, social et culturel de notre société. La condition pour recruter, attirer et retenir au Québec des talents parmi les meilleurs est de leur donner accès à un emploi à la hauteur de leurs compétences, a déclaré la ministre Kathleen Weil. 

Cette étude de la CDPDJ s'inscrit d'ailleurs dans le Plan d'action gouvernemental pour favoriser la participation de tous à l'essor du Québec 2008-2013. La diversité : une valeur ajoutée. Sous la gouverne du Ministère, le plan d'action et la politique du même nom visent notamment à reconnaître et à contrer les préjugés et la discrimination. 

À cet effet, la ministre réaffirme que la réussite de l'intégration des personnes immigrantes est une responsabilité partagée qui interpelle tous les acteurs de la société, particulièrement les employeurs. Le Ministère, en collaboration avec ses partenaires, a mis en place plusieurs mesures pour sensibiliser les employeurs aux avantages d'une main-d'oeuvre diversifiée et pour les outiller en vue de rendre les milieux de travail ouverts et exempts de préjugés et de discrimination. En outre, le gouvernement, par l'entremise du Programme d'aide à l'intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME), soutient les employeurs qui offrent une première expérience québécoise en emploi, dans leur domaine de compétence, aux personnes immigrantes et des minorités visibles. C'est aussi dans l'optique de favoriser l'intégration en emploi que le Ministère effectue une sélection qui privilégie des personnes dont la formation est le plus en demande sur le marché du travail québécois. 

L'immigration et la diversité qui en résulte représentent un investissement pour notre société, un enjeu au cœur de notre avenir et, surtout, un enrichissement collectif. C'est d'ailleurs là le message de notre campagne de sensibilisation qui a pour thème Toutes nos origines enrichissent le Québec. Ces personnes de toutes origines ont contribué et contribuent plus que jamais à la prospérité du Québec. Nous convenons qu'il importe de consentir, ensemble, les efforts pour faire du Québec une société où toutes et tous ont une chance égale de réussir, a conclu Mme Weil.

La discrimination à l’embauche des personnes immigrantes



COMMUNIQUÉ


Pour publication immédiate

La discrimination à l’embauche des personnes immigrantes :
une bataille à mener dès maintenant


Montréal, le 31 mai 2012 - Les 144 organismes membres de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) saluent l’initiative de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) d’avoir validé un phénomène connu mais peu documenté. Les résultats révélés par l’étude publiée hier par la CDPDJ interpellent la société québécoise dans toutes ses composantes et nous questionnent sur les fondements de la politique de l’interculturalisme du gouvernement québécois.

L’ampleur et la spécificité de la discrimination et du racisme systémiques présentées par la Commission mérite un sursaut collectif. Nous appelons les autorités publiques, les élus à tous les niveaux, les entreprises privées et les organismes communautaires à s’allier pour mettre fin à cette discrimination qui freine le progrès de notre société. Le choix fait par le Québec de sélectionner des immigrants en fonction de leurs compétences et de voir les perspectives d’intégration de ces hommes et femmes entravées par une discrimination ciblée et systémique est tout simplement intolérable.  

La TCRI s’interroge sérieusement sur l’efficacité des politiques mises en place par le gouvernement pour lutter contre le racisme et la discrimination. Force est de constater que les mesures du Plan d’action gouvernementale pour favoriser la participation de tous à l’essor du Québec 2008-2013 visant à lutter contre ces phénomènes ne donnent pas les résultats escomptés. Les tolérer serait en totale contradiction avec les valeurs fondamentales que prône le gouvernement dans la déclaration d’adhésion que chaque nouvel arrivant doit signer en s’établissant au Québec.

Les organismes membres de la TCRI sont également préoccupés de voir qu’il persiste de la discrimination face aux minorités racisées au sein des organismes communautaires alors que ce milieu a toujours été à l’avant-garde de la lutte contre toutes les formes d’exclusions.

La TCRI demande au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale, responsable de l’intégration en emploi de tous les nouveaux arrivants, d’entreprendre des actions concrètes pour contrer les réticences des employeurs à engager des immigrants issues de minorités racisées. La main d’œuvre immigrante choisie par le Québec a les compétences, les talents et la motivation pour s’intégrer harmonieusement au marché du travail et de contribuer au progrès du pays.

La TCRI soutient sans réserve la recommandation faite par la Commission au gouvernement d’adopter des politiques globales de lutte contre la discrimination et le racisme subie par la main d’œuvre immigrante.

Soulignons que le réseau national des organismes spécialisés dans l’intégration en emploi des nouveaux immigrants (ROSINI), la composante employabilité de la TCRI, dispose de l’expertise nécessaire pour accompagner les employeurs dans cette direction. Nous devons agir dès maintenant.


Information: Stephan Reichhold  Tel.: (514) 791-2455     www.tcri.qc.ca

Presse

Publié le 29 mai 2012 à 16h30 | Mis à jour le 29 mai 2012 à 16h30

À Montréal, les employeurs préfèrent les «Bélanger» aux «Traoré»

Anabelle Nicoud
La Presse

À Montréal, mieux vaut s'appeler Bélanger que Traoré ou Ben Saïd pour trouver un emploi, révèle la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) dans une étude parue aujourd'hui. Un test démontre que, à qualifications et compétences égales, les candidats dont le nom a une consonance québécoise ont 60% de plus de chances d'être invités à un entretien d'embauche que ceux qui ont un nom à consonance africaine, arabe ou latino-américaine.

Au printemps dernier, la CDPJ a répondu à plus de 581 offres d'emploi d'organismes publics ou à but non lucratif ou encore d'entreprises privées pour des postes dans trois domaines qualifiés ou deux domaines peu ou pas qualifiés. Deux CV et lettres de motivation ont été envoyés pour chaque poste: l'un porte un nom franco-québécois, l'autre, un nom à consonance africaine, arabe ou latino-américaine. Dans les deux cas, les candidats ont étudié et travaillé au Québec.

Pourtant, dans les entreprises privées comme dans les organismes à but non lucratif, le candidat aux origines franco-québécoises a été plus souvent rappelé que l'autre. Le taux de discrimination est de 37% pour une entreprise privée, et de 35% pour un OBNL. Du côté des employeurs publics, il n'y a pas de discrimination, ce qui, selon la CDPJ, peut s'expliquer par le fait qu'ils sont obligés d'appliquer des programmes d'accès à l'égalité.

Cette discrimination existe dans toutes les catégories d'emploi examinées. C'est dans le secteur des ressources humaines et du secrétariat que les écarts sont les plus marqués. Contrairement à une idée reçue, la discrimination est encore plus forte pour les emplois non spécialisés: le taux de discrimination est de 42,1% pour les noms à consonance africaine et de 35,1% pour les noms à consonance arabe.

Selon l'étude, ce sont les patronymes africains qui font le plus l'objet de discrimination, devant les patronymes arabes ou latino-américains.

«Ces résultats reflètent-ils la distance variable qui sépare, dans l'imaginaire des employeurs, chacun de ces groupes du "Nous" québécois? s'interroge l'auteur de l'étude, Paul Eid. Bien qu'il soit difficile de répondre avec certitude [à cette] question, une chose est certaine: les candidats racisés sont significativement désavantagés par rapport au candidat issu du groupe majoritaire à l'étape du premier tri des CV.»

Le Québec n'est pas un cas isolé en la matière: la discrimination à l'embauche s'observe aussi dans les grandes villes européennes ou américaines. Les employeurs tendent à chercher des «gens qui leur ressemblent», avance l'étude, ou évitent les groupes «socialement stigmatisés».

Alors qu'ils sont sélectionnés par le ministère de l'Immigration pour leurs compétences, les néo-Québécois chôment davantage que les Québécois. Entre ces deux groupes, l'écart du taux de chômage, en points de pourcentage, est de 4,5. Les minorités victimes de racisme sont encore plus susceptibles d'être au chômage, même avec un diplôme universitaire: leur taux de chômage est de 12,6%, comparativement à 8,5% pour les Québécois.

En conclusion, la Commission encourage le gouvernement à adopter une politique globale de lutte contre la discrimination puisque le marché du travail tend à reproduire les exclusions. Malheureusement, les difficultés auxquelles se heurtent les minorités sont souvent expliquées par leur inadaptation au marché du travail québécois. Or, la discrimination et le racisme dans le marché du travail sont encore occultés du débat public, souligne l'étude.

-- 
Stephan Reichhold - Directeur
Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
518, rue Beaubien Est  Montréal (Québec) H2S 1S5
tél. (514) 272-6060 poste 1
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