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mardi 27 mars 2012

FRAIS D'IMMIGRATION

Budget Bachand - Les immigrants passent à la caisse 
Les nouveaux arrivants subissent une hausse tarifaire de 85 %
La Presse canadienne   22 mars 2012  Québec

Après avoir mis les citoyens à contribution, voilà que le gouvernement Charest fait passer les immigrants à la caisse. Québec a décidé d'appliquer aux nouveaux arrivants le principe de la «juste part» payée par chacun en leur imposant une hausse tarifaire de 85 %.

Le 1er avril, les travailleurs qualifiés qui veulent s'établir au Québec verront le coût de leur demande de certificat de sélection pratiquement doubler: il passera de 406 $ à 750 $. La mesure a été annoncée discrètement dans le budget déposé mardi par le ministre des Finances, Raymond Bachand.

La somme de 750 $ sera par la suite indexée annuellement. Elle s'ajoute aux 550 $ qu'exige le gouvernement fédéral pour sa portion de l'étude des dossiers.

Dans les documents budgétaires, le gouvernement explique que la hausse permettra de mieux refléter le «coût réel» du traitement des demandes et de «financer l'embauche d'employés supplémentaires par le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles».

Il faudra voir si l'arrivée des nouveaux fonctionnaires permettra de réduire de façon significative le nombre imposant de demandes qui s'est accumulé au cours des dernières années. Selon le président de l'Association québécoise des avocats en droit de l'immigration, Dan Bohbot, on compte aujourd'hui pas moins de 85 000 dossiers en attente, soit l'équivalent de quatre ans de travail.

Critères resserrés
Le bond du nombre de demandes s'explique principalement par la décision du gouvernement fédéral de resserrer les critères d'immigration en privilégiant 29 professions. Certains des candidats exclus par Ottawa tentent leur chance au Québec, où les règles sont différentes. L'Associated Press rapportait plus tôt cette semaine que des Chinois apprennent le français dans l'espoir d'obtenir un certificat de sélection du Québec, quitte à déménager ailleurs au Canada par après.

Me Bohbot ne croit pas que la hausse des frais affaiblira substantiellement l'engouement pour l'immigration au Québec. «On s'attend déjà à ce que [les nouveaux arrivants] aient un minimum d'argent quand ils viennent au Canada pour vivre pendant un certain temps sur leurs économies, alors à mon avis, ça n'aura pas un impact énorme, a-t-il souligné. Ce n'est pas ça qui va vraiment empêcher des gens de vouloir immigrer au Canada ou au Québec.»

L'avocat avance même que le gouvernement québécois pourrait avoir intérêt à imiter Ottawa et à resserrer ses critères d'admission afin de réduire le nombre de nouvelles demandes.

Pour l'instant, la politique du gouvernement vise à augmenter le nombre de travailleurs qualifiés formés à l'extérieur du Québec et à faciliter leur intégration par divers programmes. Le but, qui est loin d'être toujours atteint, est de faire en sorte que les nouveaux arrivants puissent travailler dans leur domaine, s'ils réussissent à s'adapter aux normes et pratiques définies par les ordres professionnels québécois.

Cette année, entre 31 000 et 41 000 personnes devraient recevoir un certificat de sélection dans la catégorie des travailleurs qualifiés. La plupart d'entre eux seront par la suite admis au Québec.

FRANCISATION

L’arnaque du budget Bachand : 
le gouvernement détourne 25 millions du transfert fédéral dédié à l’intégration et la francisation des immigrants pour rembourser la dette

Montréal, le 20 mars 2012.  Les 142 organismes de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) déplorent les coupures des budgets visant le secteur de l’immigration et de l’intégration pour 2012-2013. Malgré l’indexation du transfert du Fédéral de 25 millions le gouvernement Charest a fait le choix de ne pas investir ces nouvelles sommes dans l’intégration socio-économique des nouveaux immigrants mais plutôt de les utiliser pour le remboursement de la dette. 

Les organismes dénoncent ce choix alors que les débats actuels sur l’immigration devraient inciter le gouvernement Charest à enfin investir sérieusement dans le développement de mesures d’intégration et de francisation appropriées pour les nouveaux arrivants. « Nous avions l’habitude que le Conseil du trésor tourne les coins ronds avec l’argent fédéral dédié à l’intégration des immigrants, explique José-Maria Ramirez coprésident de la TCRI. Mais cette fois-ci, on dépasse les bornes de la bienséance sur le dos des immigrants. Ceci est totalement inacceptable et irresponsable.

Rappelons que la compensation financière que reçoit le Québec dans le cadre de l’Accord Canada-Québec pour l’intégration des immigrants et des réfugiés connaît annuellement d’importantes indexations et que les dépenses en matière d’intégration et de francisation n’affectent aucunement le trésor public québécois. Les fonds octroyés par le Fédéral sont passés de 104 millions en 2000 à 283,1 millions en 2012.

Sachant que les immigrants rencontrent toujours autant de difficultés et d’obstacles durant leur parcours d’intégration socio-économique au Québec, nous exigeons que les 25 millions d’indexation prévue à l’Accord pour 2012 soient investis directement dans les services et les mesures d’intégration et de francisation des nouveaux arrivants.

Information: Stephan Reichhold 
Tel.: (514) 791-2455 
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